Avec la première mondiale de Pelléas et Mélisande en 1902, Claude Debussy a mis ses contemporains au défi d’écouter la musique d’une manière nouvelle. Son instrumentation était sans précédent. Il a transposé la technique wagnérienne du leitmotiv en une peinture sonore subtile et a su décrire des atmosphères et des états d’âme qui échappent à toute description.
L’opéra est tiré d’une pièce du même nom du symboliste flamand Maurice Maeterlinck, qui raconte l’histoire tragique, aux allures de conte de fées, d’un triangle amoureux entre les demi-frères Golaud et Pelléas et la mystérieuse Mélisande. L’intrigue est esquissée en termes vagues, l’accent étant principalement mis sur l’exploration des profondeurs de la psyché des personnages. La tragédie ne prend pas la forme d’un conflit ouvert, mais de processus mentaux subliminaux. La musique de Debussy reste tout aussi sobre, frôlant souvent le silence. Une myriade de couleurs scintille toutefois sous la surface monochrome, et Debussy parvient à traduire parfaitement en musique cette atmosphère énigmatique et morbide.
Direction musicale Maxime Pascal
Mise en scène Ruth Berghaus
Scénographie et costumes Hartmut Meyer
Staatsopernchor, Staatskapelle Berlin
Photo © Tatjana Dachsel